Jeudi 18 février 2010
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Vers un modèle "pharma virtuelle" avec recherche externalisée ?
Pfizer a annoncé mercredi 11 février prévoir de diminuer des dépenses R&D de plus de 3 milliards de dollars d'ici à 2012, une annonce qui
était attendue comme conséquence "naturelle" de la fusion de ses appareils R&D avec ceux de Wyeth. C'est un quart du budget R&D 2008 des deux entreprises, alors que le dernier trimestre
2009 s'est clos sur des résultats près de 3 fois supérieurs à ceux de 2008 sur la même période.
Alors que d'autres géants comme Eli Lilly et BMS augmentent leurs dépenses r&d pour permettre le remplacement de blockbusters en fin de vie
(au sens "brevet" du terme, c'est-à-dire proche d'être génériqués), la R&D de Pfizer, fortement critiquée en interne pour n'avoir pas su produire des retours à la hauteur des investissements
faits, semble payer le prix fort d'une longue série d'années maigres.
Pfizer n'est cependant pas une exception : début février, AstraZeneca a annoncé prévoir de supprimer 3500 postes R&D, et GSK
(GlaxoSmithKline) doit prochainement fermer plusieurs de ses CEDD (Centers for External Drug Discovery). Le journal Les Echos annonce ainsi que, malgré un chiffre d'affaire en croissance pour la
première fois en 3 ans (grippe A oblige), plus de 500 millions de Livres Sterling devront être retirées des budgets R&D du géant britannique d'ici à 2012. La perte de brevet du blockbuster
Advair (Seretide) n'y est évidemment pas étrangère.
"Dans ce contexte, GSK a annoncé une nouvelle restructuration, d'un montant de 900 millions de livres (dont 600 en 2010).
Objectif : réduire les coûts annuels de 500 millions de livres supplémentaires d'ici à 2012. Une somme qui s'ajoute au 1,7 milliard déjà prévu à l'horizon de 2011. Le nombre de
postes concernés n'a pas été précisé. La presse d'outre-Manche a récemment évoqué la suppression de 4.000 emplois.
Les économies porteront sur la recherche et les frais généraux. Certaines aires thérapeutiques (dépression, douleur, anxiété) seront
abandonnées. « Environ 30 % des sommes économisées seront réinvesties, par exemple dans notre
nouvelle unité sur les maladies rares », précise Andrew Witty. GSK veut aussi réduire ses coûts en ramenant de 70 à 40 le
nombre de pays dans lequel il réalise des essais cliniques. Le portefeuille immobilier doit être comprimé de 13 % et le nombre de prestataires de services tomber de 40 à 3 aux Etats-Unis
et au Royaume-Uni."
De son côté, Pfizer qui s'est déjà séparé de 800 chercheurs en 2009 et a fermé 6 de ses 20 sites de recherche, poursuit donc dans sa logique,
son "pipeline" étant maintenant alimenté par les produits en développement de Wyeth.
Jeffrey Kindler, CEO de Pfizer, pense avoir trouvé le bon équilibre entre recherche interne et politique de partenariats. "Les temps de l'approche monolithique – recherche ou
commercialisation – sont derrière nous", commente-t'il.
Dans sa nouvelle organisation, les équipes r&d Pfizer prendront en charge le développement de thérapies chimiques, alors que celles de Wyeth
garderont la responsabilité de tout l'axe biothérapies (anticorps, peptides…) Les arbitrages internes sont en cours et devraient permettre une démarrage de la nouvelle machine dès fin de 1er
semestre 2010.
--- Alexis Génin